Un consultant me demande un jour pourquoi il perdait 400 € par mois sans s'en rendre compte. Il était en portage salarial depuis huit mois, satisfait de son accompagnement, et pourtant. On a repris sa fiche de paie ligne par ligne. Le coupable n'était pas le taux de frais de gestion affiché en gros sur la plaquette. C'était une option « incluse » qui ne l'était pas vraiment, et un paiement au 15 qui l'obligeait à piocher dans son épargne chaque début de mois. Depuis, quand on me parle de STA Portage, je regarde trois choses avant tout le reste : ce que couvre réellement le forfait, à quelle date tombe l'argent, et ce que devient la structure qui vous emploie quand le marché bouge. Cet article s'attaque précisément à ces zones d'ombre.

Points clés à retenir

  • STA Portage affiche un taux de frais de gestion autour de 5 %, présenté comme tout compris — la réalité se joue dans le détail de ce « tout ».
  • Le groupe est passé sous pavillon Freelance.com après plusieurs mouvements capitalistiques dans le secteur ; la question de la continuité des contrats est légitime.
  • Le portage salarial donne un statut de salarié (fiche de paie, retraite, prévoyance) contre un pourcentage prélevé sur le chiffre d'affaires.
  • Une simulation sérieuse se fait toujours en net avant impôt, pas en « brut porté », qui ne veut rien dire.
  • Le vrai comparatif n'est pas le taux, c'est le taux plus la date de paiement plus la couverture sociale.

STA Portage : ce que vous signez vraiment derrière le taux à 5 %

Reprenons le mécanisme de base, parce que beaucoup de consultants arrivent en confondant trois notions : le portage salarial, la régie (ou sous-traitance), et le simple apport d'affaires. En portage, vous facturez un client, mais c'est l'entreprise de portage qui vous emploie. Vous avez un contrat de travail, une fiche de paie, un numéro de salarié. Le chiffre d'affaires encaissé sert à financer votre rémunération, les charges patronales et salariales, puis les frais de gestion de la société.

STA Portage est né en 2012, s'est implanté à Maisons-Alfort avec un réseau de délégations régionales (Lille, Lyon, Nantes, Marseille, Toulouse, Mérignac, Angers, Sophia Antipolis notamment), et s'est adossé à STA Groupe, orienté expertise IT. Historiquement, l'argument commercial est simple : un taux de frais de gestion affiché comme unique, autour de 5 %, paiement le 5 du mois suivant, avance sur salaire possible, et remboursement des frais professionnels.

Ça, c'est la version plaquette. La version terrain, c'est celle qu'on découvre en lisant son contrat.

Que contiennent vraiment les « options incluses » ?

Le forfait « tout compris » est le point où il faut poser des questions précises, parce que d'un acteur à l'autre la liste change du tout au tout. Ce qui doit y figurer, au minimum :

  • La gestion administrative complète (contrats, bulletins de paie, DSN, déclarations sociales)
  • Les frais de gestion proprement dits, c'est-à-dire le pourcentage prélevé sur le CA
  • La mutuelle et la prévoyance — mais à quel niveau de garantie, et avec quelle part salariale à votre charge ?
  • La responsabilité civile professionnelle, souvent oubliée alors qu'un consultant IT en a besoin
  • L'accompagnement juridique et commercial (relecture de contrat client, aide à la négociation)

Ma règle après plusieurs années à décortiquer des contrats : un « tout compris » sans liste écrite n'est pas un tout compris. Demandez la fiche d'options détaillée avant de signer. Si on vous répond « c'est dans le contrat », lisez le contrat, vraiment. Une mutuelle bas de gamme qui ne couvre pas l'optique ou le dentaire correctement, ça se traduit en dizaines d'euros de reste à charge chaque mois. Sur une année, ça mange une partie de ce que le taux attractif vous avait fait économiser.

Le paiement le 5 du mois suivant : le détail qui change votre trésorerie

Vous facturez en fin de mois, vous êtes payé début du mois suivant. Dans l'absolu, c'est correct — beaucoup d'acteurs font pire. Mais pour un consultant qui débute en portage, ça crée un décalage à absorber : le premier virement arrive parfois six à huit semaines après le début de la mission, le temps que la facture soit émise, encaissée par la société, puis transformée en salaire. Prévoyez un matelas de deux mois de charges fixes. C'est le conseil le plus ennuyeux que je donne, et c'est celui qui évite le plus de catastrophes.

L'avance sur salaire existe chez STA, comme chez la plupart des concurrents. Lisez les conditions : souvent plafonnée, parfois facturée, rarement automatique.

Le rachat par Freelance.com : ce que ça change pour vous, concrètement

Le secteur du portage s'est consolidé à marche forcée. STA Portage, après un rapprochement avec OpenWork, est passé sous le giron de Freelance.com, l'un des poids lourds du marché. Sur le papier, c'est une bonne nouvelle : plus de volume, plus de solidité financière, une plateforme technique mutualisée. Dans les faits, ça pose une question que personne ne vous posera à votre place.

Le rachat par Freelance.com : ce que ça change pour vous, concrètement

Que devient votre contrat si la marque est absorbée ?

En droit, un transfert d'entreprise ne fait pas disparaître votre contrat de travail : il est transféré. Vous restez salarié, vos droits acquis suivent. Le risque n'est pas juridique, il est opérationnel : changement d'interlocuteur, migration d'outil, nouvelles procédures de validation des factures, parfois ajustement des conditions commerciales pour les nouveaux entrants.

J'ai connu ça chez un prestataire plus petit, racheté par un groupe. Trois mois de flottement : mes factures ont été validées avec retard, mon contact habituel a changé deux fois, et personne ne savait me dire si mon ancienneté serait reprise pour le calcul de certains droits. Ça s'est réglé. Mais j'aurais aimé qu'on me le dise avant, pas pendant.

Donc si vous êtes chez STA aujourd'hui, ou si vous envisagez d'y entrer : demandez noir sur blanc ce qui se passe en cas de fusion de la marque, et faites confirmer par écrit la reprise d'ancienneté. Ce n'est pas de la paranoïa, c'est de la gestion de carrière.

STA Portage extranet : à quoi vous attendre côté outil ?

L'extranet, c'est le portail où vous déposez vos factures, suivez vos paiements et récupérez vos bulletins. Sur ce type d'outil, les points de friction habituels sont toujours les mêmes : la validation des frais professionnels (justificatifs à scanner, délais de remboursement), la lisibilité du bulletin de paie porté (beaucoup de consultants ne comprennent pas pourquoi leur « brut » diffère d'un mois à l'autre), et la visibilité sur le statut de la facture.

Mon conseil : testez l'extranet avant de signer. Demandez une démo, ou un accès de test. Un portail mal fichu vous coûtera deux à trois heures par mois en allers-retours par mail. Sur douze mois, ça fait presque une semaine de travail non facturée.

STA Portage : les avis et la simulation, sans se raconter d'histoires

Les avis en ligne sur les sociétés de portage sont un indicateur utile et trompeur à la fois. Utile, parce que les plaintes récurrentes sur les délais de paiement ou la qualité du support finissent par se répéter et signalent un vrai problème. Trompeur, parce que les notes agrégées mélangent des consultants IT, des formateurs, des coachs, des profils très différents avec des attentes opposées. Une note globale de 4,6 sur 143 avis ne dit rien de la façon dont votre cas sera traité.

STA Portage : les avis et la simulation, sans se raconter d'histoires

Ce qu'il faut lire dans les avis, en revanche, ce sont les verbatims sur trois points précis :

  1. Le paiement est-il arrivé à la date annoncée, plusieurs mois de suite ?
  2. Quand il y a eu un problème (litige client, retard de facture, arrêt maladie), comment la société a réagi ?
  3. Le contact commercial reste-t-il le même après la signature, ou disparaît-il au profit d'un service client impersonnel ?

Le troisième point est celui qui fâche le plus souvent. Et franchement, c'est le seul qui compte vraiment sur la durée.

STA Portage simulation : comment calculer votre net sans vous tromper

Voilà la question qu'on me pose le plus souvent : « Je vais toucher combien ? » La réponse tient en une méthode, pas en un chiffre, parce que ça dépend de votre TJM, de vos jours facturés, de votre statut (cadre ou non), et de la part de frais professionnels que vous pouvez justifier.

Étape Ce que vous calculez Exemple avec un TJM de 600 € et 15 jours facturés
1. Chiffre d'affaires TJM × jours facturés 9 000 €
2. Frais de gestion CA × taux (ici 5 %) 450 €
3. Frais professionnels Sur justificatifs (déplacements, matériel, logiciels) Variable, souvent 5 à 15 %
4. Base de rémunération CA − frais de gestion − frais pro Environ 8 100 €
5. Charges sociales Environ 45 à 50 % sur le brut porté Variable selon statut
6. Net avant impôt Ce qui tombe sur votre compte Souvent 45 à 55 % du CA selon le cas

Le piège du « brut porté » : certaines plaquettes annoncent fièrement un « salaire brut » élevé, qui n'a rien à voir avec ce que vous touchez. Ne comparez jamais deux offres en brut porté. Demandez toujours un net avant impôt sur un scénario précis, avec le même TJM, le même nombre de jours et le même niveau de frais pro. Sinon vous comparez des pommes et des statistiques.

Sur le TJM ci-dessus, la différence entre un frais de gestion à 5 % et un à 8 % représente environ 270 € par mois. Ce n'est pas rien. Mais si l'acteur à 8 % vous paie le 28 du mois même et vous sort de la paperasse en deux clics, ça peut valoir le coup. C'est un arbitrage, pas une évidence.

Prium Portage, OpenWork, ITG, Régie Portage : comparer sans se noyer

Le marché français du portage compte une poignée d'acteurs qui se disputent les indépendants de la tech, du conseil et de la formation. Les noms qui reviennent : OpenWork, désormais rattaché au même ensemble que STA, ITG Portage, Régie Portage, Prium Portage pour les plus petites structures, Freelance.com pour le plus gros volume. Leurs différences réelles :

  • Le taux de frais de gestion, qui va généralement de 4 à 10 % selon les volumes et les options
  • La couverture sociale, mutuelle et prévoyance, avec des niveaux très inégaux
  • La solidité financière, qui détermine si votre salaire tombe même quand un client paie en retard — c'est le critère que personne ne regarde et qui sauve en cas de crise
  • L'accompagnement commercial, inexistant chez certains, sincère chez d'autres
  • La qualité de l'outil et la réactivité du support

Un acteur à 4 % avec une prévoyance minimale et un support fantôme vous coûtera plus cher qu'un acteur à 6 % qui vous sort d'un litige client sans que vous perdiez une heure. Je maintiens ce classement, et je sais que ça contrarie les chasseurs de taux.

Le vrai test : appelez trois d'entre eux, demandez la même simulation chiffrée, et comparez les tableaux côte à côte. Celui qui refuse de vous donner un net précis, ou qui botte en touche, vous a donné sa réponse.

Ce qu'il faut retenir avant de signer

STA Portage coche des cases sérieuses : un réseau régional réel, un taux affiché compétitif, un paiement à date fixe, un groupe solide depuis son intégration. Ce n'est pas un mauvais choix, loin de là. Mais aucun acteur de portage ne se choisit sur une plaquette.

Posez trois questions, et exigez trois réponses écrites :

  1. Quelle est la liste exacte des options couvertes par le taux annoncé ?
  2. Quel net avant impôt sur mon scénario précis, avec mon TJM et mes jours ?
  3. Que devient mon contrat et mon ancienneté si la marque est absorbée ou fusionnée ?

Si les trois réponses sont claires, vous avez votre prestataire. Si l'une des trois reste floue, vous avez votre réponse aussi — simplement dans l'autre sens.

Et si vous êtes déjà en portage quelque part et que vous n'avez jamais vérifié ces trois points, faites-le ce mois-ci. Ça prend une heure. Ça peut rapporter plusieurs milliers d'euros sur une année. La seule question qui reste, au fond, c'est celle que peu de gens osent poser : est-ce que le taux le plus bas du marché est vraiment celui qui vous fait gagner le plus, ou juste celui qui se voit le mieux sur la page d'accueil ?